| Aider
nos enfants pour la rentrée scolaire
Un
des éléments essentiel pour mieux aider les enfants pour
la rentrée scolaire est de se rappeler ce qu'implique "aller à
l'école":
Respecter
certaines règles de conduite :
lever la main pour parler, rester assis, écouter l'enseignant(e),
se placer en rang, etc.. Certains enfants ne sont pas habitués à
suivre des règles. Lorsqu'on leur en impose, ils peuvent y réagir
négativement et prendre plus de temps que d'autres pour s'y adapter.
Certains enfants ont plus besoin de bouger que d'autres, rester assis risquera
d'être plus difficile pour eux… D'autres encore ont l'habitude d'être
le centre de l'attention de tous. Certains pourraient trouver difficile
de partager l'attention de l'enseignant(e) avec plus d'une vingtaine d'enfants.
-
Subir
des évaluations presque quotidiennement :
Certains ont plus de facilité et réussissent mieux que d'autres,
certains ont davantage de support des parents. Il est rarement facile de
constater que d'autres réussissent mieux que nous, de réaliser
que nous ne sommes pas toujours les "meilleurs".
Une
façon de se protéger contre les comparaisons qui ne nous
avantagent pas est de se convaincre que ce n'est pas important. Avoir de
la difficulté à réussir quelque chose qui n'est pas
important est beaucoup moins souffrant que d'échouer quelque chose
qui nous tient à cœur. Et si l'école commence à moins
me tenir à cœur, quelles sont les chances que je m'y investisse
à fond? Et si je ne m'y investi qu'à moitié, quelles
sont mes chances de bien réussir? Voilà le cercle vicieux
dans lequel il faut éviter de tomber.
-
Au
niveau social : Certains enfants sont
rejetés des autres, ont peu ou pas d'amis, certains autres sont
victimes de taquineries, de menaces, de violence.
Bref,
pour mieux aider les enfants il est bon de se rappeler que l'école
c'est une journée de travail et que les difficultés des enfants
ne sont pas nécessairement moins importantes ou plus faciles à
résoudre que nos difficultés d'adultes. Rappelons-nous que
nous sommes supposés avoir plus d'expérience qu'eux, plus
de ressources.
La
première journée d'école c'est un peu comme une première
journée dans un premier travail important…
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| J'ai
l'impression que mon enfant n'apprend pas assez vite…
Première
chose à vérifier : Nos attentes sont-elles réalistes?
Des
attentes trop élevées envers l'enfant pourraient faire en
sorte que ce dernier n'est que très rarement capable de nous satisfaire,
situation qui peut rapidement devenir décourageante. L'enfant pourrait
en venir à se dire : "À quoi bon faire des efforts, ce n'est
jamais assez de toute façon…"
Trop
peu d'attentes envers l'enfant, n'est pas mieux. L'enfant qui sent que
ses parents n'attendent pas grand chose de lui pourra croire que ses parents
ne s'intéressent pas à lui, ou ne s'intéressent pas
à ce qu'il fait (aller à l'école). Peu importe, le
résultat n'est pas attirant. Si je pense que mes parents ne s'intéressent
pas à moi, que je fais des efforts pour leur faire plaisir et qu'ils
semblent ne pas si intéresser, à quoi bon continuer mes efforts?
Et si je crois que mes parents ne s'intéressent pas à l'école,
comment pourrais-je être moi-même convaincu que l'école
est intéressante?
Nous,
parents, pouvons vérifier le réalisme de nos attentes avec
les enseignant(e)s qui savent mieux que nous, c'est leur métier,
ce qu'un enfant de tel ou tel âge devrait être en mesure d'accomplir.
Par
ailleurs, la prudence est de mise car certaines études soulignent
des lacunes au niveau du système scolaire. Entres autres, citons
Janine
Flessas du Centre d'évaluation neuropsychologique de Montréal
qui affirme :
"...
apprendre nécessite de la part du sujet comme de la part de l'enseignant,
de mettre en place un projet de percevoir, de mémoriser et de comprendre
chacune des informations nouvellement présentées. Pour être
efficace, ce projet devra tenir compte à la fois du style cognitif
privilégié par l'apprenant tout autant que celui de l'enseignant".
Je devrais
donc comme enseignant, connaître le style d'apprentissage de chacun
de mes étudiants et être habileté à transmettre
de l'information adaptée au style de chacun... Ce serait probablement
idéal. Mais dans un contexte où le nombres d'étudiants
par classe est de plus en plus élevé, est-ce réaliste?
Toujours
en parlant d'attentes, j'ai une dernière question : Est-ce bénéfique
d'inculquer aux enfants qu'être bon à l'école signifie
être bon en français et en mathématique? Que faisons-nous
des enfants qui auraient des intérêts et habiletés
autres? Ne croyons-nous pas comme parents et comme société
que les humoristes, les artistes, comédiens, chanteurs, soudeurs,
mécaniciens, etc. sont des gens qui réussissent? Si je pose
cette question c'est parce que l'étude de Raymond
Leblanc (Faculté d'éducation de l'Université d'Ottawa)
traitant de difficulté d'apprentissage, approfondit le concept d'intelligence
multiples...
"...deux
formes d'intelligence sont plus fréquemment jugées comme
dominantes (chez les élèves en difficulté), et notamment
les intelligences visuo-spatiales et corporelle-kinesthésique alors
que deux autres sont considérées comme plus faibles, à
savoir les intelligences linguistiques et logico-mathématiques.
À l'évidence, ce profil n'est pas heureux pour les élèves
dans un contexte scolaire classique."
Caractéristiques
des élèves en difficulté d'apprentissage
-
Cherchent
à établir des liens concrets, toucher, sentir, etc.
-
Forte
orientation dans le présent.
-
En informatique,
ces étudiants peuvent réussir aussi bien que les autres.
-
Aptitude
pour la musique et pour l'humour.
Ne
croyez-vous pas que plusieurs enfants bénéficieraient que
l'on mise sur leurs forces plutôt que de s'acharner sur leurs faiblesses?
Avec
un enfant qui réussit bien en français et en mathématique,
jamais nous penserions à lui imposer de vivre échecs par
dessus échecs parce qu'il aurait de la difficulté en art
plastique ou en musique. Si nous le faisions, peut-être l'enfant
en viendrait-il à détester l'école, malgré
ses forces (que nous négligerions, comme nous le faisons pour ceux
qui éprouvent de la difficulté en français mais qui
excellent en dessin).
J'entends
presque les désaccords : c'est plus important le français
que le dessin, c'est pas le dessin qui lui fera gagner sa vie!
Je
ne suggère pas d'abandonner le français, mais plutôt
de faire vivre des succès à l'enfant, de suivre un peu plus
ses forces, il en aura besoin pour persévérer dans ses faiblesses.
Toute
la colonie artistique nous fait vibrer intensément. Nous payons
pour qu'ils nous fassent rire, pour qu'ils chantent pour nous, qu'ils nous
énergisent, nous émeuvent, etc. Chaque fois qu'ils montent
sur scène, qu'ils peignent un tableau, ils rendent heureux (du moins
pour quelques instants) leurs admirateurs. Je crois que nous pouvons également
appeler ça réussir...
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| Pour
que les devoirs ne se changent pas en conflits.
Qui
n'a pas remarqué que les enfants de 0 à 4-5 ans, semblent
naturellement curieux et désireux d'apprendre?
-
Dès
qu'ils peuvent se déplacer, ils fouillent partout, touchent à
tout, veulent tout voir, découvrir.
-
Dès
qu'ils commencent à poser des questions, ils questionnent tout sur
tout, ils veulent savoir, connaître, apprendre.
J'ai une
question… Que faisons-nous, ou qu'omettons-nous de faire comme parents
et comme enseignant(e)s pour faire en sorte que certains enfants apprennent
à ne plus aimer découvrir, connaître?
Vivre
des échecs répétitifs n'est plaisant pour personne
et la tentation est forte de s'en protéger lorsque ça se
produit. Vivre la frustration répétée de son entourage
vis-à-vis nos difficultés n'est guère mieux. Là
aussi la tentation de se protéger est forte. Et comment l'enfant
peut-il se protéger?
Je
le répète parce que je considère que c'est important
:
Une
façon de se protéger contre les échecs est de se convaincre
que ce n'est pas important. Avoir de la difficulté à réussir
quelque chose qui n'est pas important est beaucoup moins souffrant que
d'échouer quelque chose qui nous tient à cœur. Et si l'école
commence à moins me tenir à cœur, quelles sont les chances
que je m'y investisse à fond? Et si je ne m'y investi qu'à
moitié, quelles sont mes chances de bien réussir? Voilà
le cercle vicieux dans lequel il faut éviter de tomber.
La
moindre des choses pour tenter de rendre les devoirs intéressants
serait d'aborder cette période avec une attitude positive. Les enfants
adorent jouer et apprennent beaucoup en jouant, en riant.
Pour
mettre un peu de rire dans la période de devoirs :
-
Réserver
un endroit et un temps pour les devoirs.
-
S'impliquer
dans l'école de façon à mieux pouvoir expliquer les
devoirs aux enfants (le système scolaire et les méthodes
d'enseignement changent tellement qu'il est facile de ne plus s'y retrouver...).
-
Demandons
des trucs aux enseignant(e)s.
-
Se rappeler
que ce qui nous paraît facile maintenant ne l'était pas nécessairement
lorsque nous étions enfants. Se rappeler également que même
si c'était facile pour nous lorsque nous étions enfants,
il n'est pas automatique que ce soit pareil pour nos enfants.
-
N'oublions
jamais les miracles que nous avons accomplis avec nos enfants de 0-3 ans
seulement
en les félicitant. Ils ont appris à marcher, à
parler, etc.. Quel parent aurait l'idée de crier après un
enfant qui commence à marcher et trébuche? Pourquoi alors
croyons-nous que de s'impatienter contre un enfant qui n'apprend pas assez
vite à nos yeux aura comme effet de l'encourager à s'améliorer?
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