| Des
Articles |
C'est
quoi ma place maintenant?
Familles recomposées,
le défi de l'harmonie
Par
Daniel Lambert, psychologue
Qui réparera ma bicyclette?
Est-ce que nous allons déménager? Si je suis bien sage, papa
va-t-il revenir? Et grand-maman, est-ce qu'on ira la voir?
"Aujourd'hui, on évalue
qu'un mariage sur deux finira par un divorce." (3) Voilà
donc quelques questions qui risquent de continuer à trotter dans
la tête des enfants face à la séparation de leurs parents.
Ces questions, et bien d'autres, reflètent le besoin fréquent
des enfants de se faire rassurer de l'amour et de la présence
de ses parents dans sa vie et ce, malgré la séparation. |
| Répercussions
possibles de la séparation
"Certains adolescents passeront
sans heurt cette transition qu'est la séparation parentale. Il est
à noter toutefois qu'un nombre plus grand de difficultés
a été décelé chez les enfants issus de familles
divorcées ou remariées que chez les enfants de familles intactes."
(3)
Les filles et
les garçons - Réactions
Suite à la séparation,
les garçons auraient plus tendance à présenter
des "désordres extériorisés, regroupant les agressions,
la désobéissance et les mensonges tandis que les filles
seraient plutôt sujettes à des désordres intériorisés,
tels que des états dépressifs, de l'anxiété
et auraient tendance à se replier sur elles-mêmes." (3)
"La garde partagée,
dans la majorité des cas, permet de diminuer les sentiments de rejet
ou d'abandon puisque le jeune demeure en contact avec ses deux parents."
(3)
Nouvelle
famille, nouvelle adaptation
"Tout comme il y a différents
stades à franchir pour faire un deuil, il y a des étapes
à vivre dans la recomposition : la résistance et l'agressivité
précèdent l'acceptation de la nouvelle famille." (4)
N'oublions pas qu'alors que
de nombreux enfants nourrissent le désir de voir leurs parents se
réconcilier et former à nouveau un couple, "Le projet de
recomposition familiale d'un ou des deux parents vient confirmer définitivement
la brisure de sa famille d'origine." (1)
Rappelons-nous aussi que
l'adulte a choisi son (sa) nouveau (nouvelle) compagnon (compagne) de vie,
alors que pour l'enfant, "La vie s'organise dans un sens qu'il n'a pas
nécessairement choisi." (1)
Pistes
pour une recomposition harmonieuse
|
-
Préparer les jeunes à
la recomposition : clarifier les faits de base (où ils vont vivre,
avec qui, vont-ils changer d'école, quelle sera la fréquence
des contacts avec l'autre parent, etc.)
-
Multiplier les occasions de
tisser des liens avec les autres acteurs de la recomposition avant de cohabiter
ensemble (souper, vacances, cinéma, etc.).
-
Maintenir la possibilité
de contacts avec les deux parents de l'enfant.
-
Clarifier le rôle que
jouera le beau-parent (qui fera la discipline?)
-
Humour et souplesse.
-
Habiletés de communication.
-
Clarifier les règles
à suivre.
-
Réussir à créer
des souvenirs plaisants concernant la (les) personne(s) qui s'ajoute(nt).
(3)
-
Donner du temps aux enfants
pour s'adapter à la nouvelle situation et faire en sorte, si possible,
qu'ils ne vivent pas trop de changement en même temps (école,
quartier, maison, amis, etc.)
-
Conserver du temps exclusif
entre le parent naturel et ses enfants.
-
Planifier des causeries familiales
pour s'exercer à communiquer et à évacuer les tensions
au fur et à mesure.
-
Préserver l'image que
l'enfant se fait de son père et de sa mère. Les adultes doivent
éviter de se dénigrer l'un et l'autre surtout devant les
enfants. (4)
|
| Communiquer,
communiquer, communiquer
Vous l'aurez deviné,
un des principaux ingrédients de l'harmonie, que ce soit à
l'intérieur d'une famille recomposée ou pas, demeure la communication.
Les comportements suivants,
bien qu'ils puissent être fréquemment utilisés avec
les enfants, constituent néanmoins des
obstacles à
une réelle communication.
|
-
Donner des ordres
-
Menacer : "Si tu continues,
tu vas aller dans ta chambre"
-
Faire la morale
-
Offrir des conseils, des solutions
toute faites
-
Persuader par la logique
-
Juger, critiquer
-
Interpréter, analyser
|
-
Complimenter : "Je sais que
tu es assez grand pour comprendre"
-
Insulter, humilier : "Tu n'es
qu'un paresseux"
-
Rassurer, consoler : "T'en fais
pas, demain ça ira mieux"
-
Interroger, enquêter
-
Faire de l'ironie, du sarcasme
|
| Les
conflits : inévitables!!!
Vous avez bien lu. Les conflits
sont inévitables. Démoralisant? Pas du tout, plutôt
rassurant. Pourquoi? Bien des gens commencent à croire qu'ils ne
sont peut-être pas faits l'un pour l'autre parce qu'ils ont des conflits.
Savoir que les conflits sont inévitables rend ces derniers moins
menaçants. Même les gens qui s'aiment beaucoup auront, tôt
ou tard, des idées différentes sur divers sujets. Les recherches
montrent même que les couples en difficulté n'ont pas plus
de conflits que les couples heureux. Cependant, les couples heureux abordent
les conflits de manière différente. Bref, ils ont appris
à mieux les gérer.
À
qui le problème?
Voilà ce que la méthode
de Thomas Gordon "Parents efficaces" nous suggère de se demander
devant une situation problématique. Par exemple, dans la situation
où un enfant écoute la musique très forte, c'est l'adulte
qui a le problème. Par ailleurs, lorsque l'enfant revient de l'école
et semble triste ou en colère, c'est lui qui a le problème.
Pour une meilleure communication,
la
personne ayant le problème, devrait utiliser le message en "Je"
pour l'exprimer.
Le message "Je" contient
:
-
Une description objective
du comportement qui nous déplaît chez l'enfant.
-
L'expression de nos émotions,
en "Je", face à ce comportement : Je suis en colère,
je suis déçu, je suis triste, inquiet, j'ai peur, etc.
-
Une explication quant aux conséquences
des gestes de l'enfant : "Tu aurais pu te faire renverser par une auto,
j'ai pensé que tu étais blessé, je suis incapable
d'écouter la télévision, etc."
|
Ton
problème - mon écoute
Lorsque c'est notre interlocuteur
qui a un problème, il convient d'écouter et d'éviter
les obstacles à la communication précédemment énumérés.
L'écoute active constitue notre principal outil. Cette écoute,
pour être efficace, doit reposer sur un réel désir
de comprendre l'autre et sur une confiance en sa capacité
de trouver lui-même une solution à son problème. Le
rôle de l'écoutant est d'écouter, aidant ainsi l'écouté
à expliquer la situation et, du même coup, à mieux
la comprendre lui-même.
Même si l'écoute
active consiste à résumer, dans nos propres mots, notre compréhension
du message de l'autre, il ne faut pas croire pour autant qu'il s'agisse
là d'une tâche facile... La tentation d'offrir un conseil,
de porter un jugement, de tenter de persuader par la logique, est souvent
très forte. Toutes ces réactions sont... des obstacles à
la véritable communication.
Reconstruire une famille
c'est tenter de répondre à la question : "C'est quoi ma
place maintenant?". Seule une bonne communication permettra à
chacun de répondre à cette question et d'exprimer sa position
aux membres de la nouvelle famille. Alors, prenons le temps d'écouter.
Nous écouter nous-mêmes et écouter ceux qui nous sont
proches. Reconstruire une famille est un défi qui mérite
qu'on s'y arrête car chacun de nous a droit au bonheur, à
la sécurité et à l'amour.
Références
1. L'art de mieux vivre une
recomposition familiale. Conseil de la famille, 1995.
2. Châtelaine, Mars
1975
3. Cité dans Divorce
et familles recomposées, 1999. Recherches en bref. Université
Laval et Association des centres jeunesse du Québec.
4. Estime de soi : Les familles
recomposées. Novembre 2000. Comité de réussite scolaire
de l'école l'Arbrisseau. |
|
|
|
| Autres
ressources |
Votre
enfant FRAPPE?
Psychologue je vous offre
un guide pratique - Résultats en 10 jours.
www.guidespratiques.com |
|
|
|
|