| Des
Articles |
La
réussite scolaire
Par
Daniel Lambert, psychologue
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Au
Canada, en 1990-1991, 32 % des élèves seraient sortis des
écoles sans diplôme d'études secondaires (2)
On prévoit que 65
% des nouveaux emplois créés entre 1986 et l'an 2000 exigeront
au moins 12 années d'études. La moitié de ces nouveaux
emplois en nécessiteront même 17(2).
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Quels
sont les facteurs de la réussite scolaire?
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Le temps consacré
à l'apprentissage et la confiance dans ses capacités
sont les deux facteurs les plus importants pour la réussite scolaire
(1).
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Les jeunes qui étudient
et font leurs devoirs ont plus de chances de réussir que celles
et ceux qui ne les font pas. Il est important de manifester un intérêt
marqué et constant par rapport aux études et à la
réussite de tout élève. Discutez avec le jeune
pour connaître son point de vue sur les études et dites-lui
l'importance que vous y attachez (2).
-
Cependant, la relation maître-élèves
demeure la clé des succès pédagogiques (1).
L'encadrement
comme facteur de réussite
En offrant un meilleur
encadrement aux élèves on diminue le nombre d'échecs
et d'abandons. Dans les mémoires et témoignages, plusieurs
types d'encadrement ont été suggérés. Directement
ou indirectement, une modification des pratiques en cette matière
peut avoir des conséquences sur la tâche des enseignants ou
sur le type de pédagogie à utiliser. Parmi les suggestions,
il y a celles qui privilégient le titulariat, à tout le moins
pour les deux premières années du secondaire, le tutorat
pour des élèves qui éprouvent des difficultés
ou une forme de mentorat donné par des élèves de degré
ou de niveau supérieur. D'autres ont également suggéré
d'abaisser le ratio maître-élèves (1)
Pour réellement aider
ces jeunes, il faut leur donner un meilleur soutien individuel leur
permettant de découvrir ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent.
Il faut leur donner les informations nécessaires pour qu'ils puissent
aller chercher la formation dont ils ont besoin. (1)
Plusieurs, et principalement
les jeunes, veulent que l'école soit plus qu'un lieu où l'on
donne un enseignement. On souhaite que l'école devienne un milieu
de vie et un lieu de culture pour les jeunes. On suggère de donner
aux conseils étudiants la place qui leur revient au sein de l'école
et de développer les activités parascolaires(1).
S'il n'a pas d'amis à
l'école ou si ses amis ont eux-mêmes quitté l'école,
il se peut qu'il se sente seul et isolé. Pour un très
grand nombre de jeunes, les amis sont l'élément le plus important
de l'école. De même, si une ou un élève participait
à des activités parascolaires et qu'il a cessé de
le faire, discutez avec lui de ses raisons. Il se peut qu'il commence ainsi
à s'éloigner de l'école (2).
Il faut également offrir
aux élèves un environnement sécuritaire où
ils pourront évoluer en toute confiance. Mais, ici encore, l'école
a besoin du support de la communauté pour que puisse s'établir
un tel climat. Elle ne peut y arriver seule (1).
Dans certains mémoires,
les auteurs ont insisté sur la taille des écoles. Le sentiment
d'appartenance se développant plus facilement dans des unités
plus petites et plus stables, le regroupement des élèves
du secondaire I et du secondaire II a été avancé tant
par les représentants des jeunes que par les organismes du milieu
scolaire (1).
-
Des appels à la collaboration
sont également lancés aux entreprises
qui devraient se préoccuper de la réussite scolaire. Leur
soutien est demandé pour promouvoir et soutenir la formation professionnelle
par des visites et des expositions industrielles, par des rencontres entre
les étudiants et des professionnels, des travailleurs et des dirigeants
d'entreprises. L'entreprise peut également appuyer le travail de
l'école lorsqu'elle embauche des étudiants. Le modèle
de Saint-Jérôme a été cité en exemple.
Dans cette ville, la communauté d'affaires s'est concertée
afin de limiter le travail à temps partiel des élèves
à un maximum de quinze heures par semaine, pour freiner les
impacts négatifs du travail sur les études (1).
Avoir un emploi à
temps partiel n'est pas néfaste pour la plupart des jeunes. Cela
leur permet d'acquérir des habiletés, de découvrir
de nouveaux champs d'intérêt et de faire certains choix pour
leur futur. Là où il y a problème, c'est lorsque le
travail nuit aux études. Des recherches ont démontré
que, au-delà de quinze heures de travail par semaine, il est difficile
de concilier travail et études(2).
-
Dans un autre témoignage,
l'école est invitée à impliquer ses diplômés,
les étudiants du cégep et de l'université dans certaines
activités au sein des écoles primaires et secondaires par
des formules de tutorat et d'aide aux devoirs, des rencontres d'information
(1).
Tout cela doit créer
une école confortable suscitant un sentiment d'appartenance où
l'élève se sent important et en confiance. Il semble
que les adolescents se sentent de passage à l'école et qu'ils
attendent que ça finisse. "Il faut arriver à ce que l'école
ne soit pas qu'un milieu pour apprendre ce qu'est la vie, il faut que ce
soit la vie."(1).
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Facteurs
reliés à l'abandon scolaire
-
Pour plusieurs familles vivantsous
le seuil de la pauvreté, la préoccupation première
demeure la satisfaction des besoins fondamentaux comme celui de manger
à sa faim. Il faut rappeler également que cette pauvreté
est le lot de plusieurs familles monoparentales. Les chefs de ces familles,
majoritairement des femmes, ne vivent souvent que grâce aux revenus
provenant de l'aide sociale et possèdent peu de ressources et de
soutien pour élever un ou plusieurs enfants. Les études de
toutes sortes ont démontré le lien entre la "défavorisation"
et la réussite éducative. Comme l'a rappelé justement
un mémoire "La pauvreté est plus qu'un handicap économique.
Elle est aussi une véritable disqualification tant sur le plan social
que sur celui du vécu quotidien". Dans un tel contexte, les obstacles
à la réussite sont nombreux (1)
-
Il y a également d'autres
facteurs de risque qui peuvent influencer la réussite scolaire,
notamment ceux reliés à des attitudes inadéquates
tels que le repli sur soi, l'agressivité, la faible
estime de soi, la perception négative de l'école, etc.
Un participant a même estimé à plus de 80 % le taux
d'abandon des élèves en difficulté de comportement.
Statistiquement, ces facteurs de risque apparaissent plus fréquemment
dans les milieux socio-économiques défavorisés (1).
-
Il est établi que les
parents
qui coopèrent le moins sont le plus souvent ceux des élèves
dits à risque ou en difficulté. Sans leur jeter la pierre,
car qui peut nier la difficulté d'être parent, il existe un
lien direct et indéniable entre l'attention que la famille accorde
à l'école et la réussite scolaire de l'enfant.
Il ne s'agit pas tellement d'un manque de temps des parents mais de l'absence
de motivation et de confiance en soi qui se transmet à l'enfant
(1).
-
Un grand nombre de jeunes qui
ont quitté l'école ont déjà eu des échecs
et des difficultés scolaires. Bon nombre ont redoublé
une année. En fait, si un élève éprouve des
difficultés depuis un certain temps, il risque de s'en fatiguer
et de quitter l'école (2).
Les chiffres sont alarmants:
le redoublement affecte un enfant sur quatre au primaire, deux garçons
redoublent pour une fille et le taux d'abandon scolaire de ces élèves
au secondaire est de 50%. Sans nécessairement abolir ces pratiques,
il faut en réduire l'utilisation (1).
Le jeune a-t-il des difficultés
de comportement? Le personnel de l'école téléphone-t-il
souvent à la maison pour signaler les agissements de l'élève?(2)
-
Plusieurs jeunes décrocheurs
ont d'abord commencé par s'absenter fréquemment. Comme
il est dit plus haut, l'abandon scolaire n'est pas une décision
qui survient tout à coup. Avant de quitter l'école, le jeune
s'absente de plus en plus fréquemment (2).
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| Qu'est-ce
qu'un parent peut faire concrètement?
On peut aider un jeune à
réussir à l'école par les actions que l'on accomplit.
Les actions parlent d'elles-mêmes et elles peuvent avoir un effet
important sur la vision qu'un jeune aura de l'importance de l'école.
Les questions suivantes offrent aux parents l'occasion de poser un regard
critique sur leurs actes (2).
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Allez-vous aux remises de bulletins,
aux réunions de parents?
-
Vous informez-vous auprès
de votre enfant de ce qu'il fait ou apprend à l'école?
-
L'encouragez-vous à faire
ses devoirs (par exemple, en lui donnant congé de travaux ménagers
la veille d'un examen pour lui laisser plus de temps pour étudier)?
-
Favorisez-vous une ambiance
de travail à la maison (par exemple, en baissant le volume de la
télévision ou de la radio)?
On peut aider un jeune à
réussir à l'école en évitant un discours défaitiste
(2).
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| Références |
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Les
conditions de la réussite au secondaire
(1996). Assemblée nationale, Commission de l'éducation.
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Le
rôle des parents dans la réussite scolaire
(1999). Centrale de l'enseignement du Québec.
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| Autres
ressources |
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